La France accélère sa stratégie autour de la 6G en finançant des projets destinés à influencer les futures normes internationales qui définiront les réseaux mobiles de la prochaine décennie.
Pourquoi la bataille de la 6G commence dès aujourd’hui
Si la 5G continue encore son déploiement, les travaux sur la 6G sont déjà bien engagés. L’enjeu ne consiste pas uniquement à développer de nouvelles technologies, mais aussi à participer à la rédaction des standards techniques qui seront adoptés dans le monde entier.
C’est dans cette optique que le gouvernement a lancé début juillet un nouvel appel à projets dans le cadre du plan France 2030. L’objectif est de renforcer la présence française au sein des organismes internationaux qui définissent les futures normes des télécommunications.
Le dispositif s’adresse aux grands groupes, aux PME, aux entreprises de taille intermédiaire, aux start-up et aux laboratoires de recherche. Chaque projet devra représenter au moins un million d’euros d’investissement et rassembler plusieurs partenaires afin de favoriser le développement de technologies communes.
Pourquoi les normes sont si stratégiques
Dans les télécommunications, les entreprises qui contribuent aux standards internationaux prennent souvent une longueur d’avance sur leurs concurrents. Elles peuvent intégrer leurs innovations dans les futurs équipements, déposer des brevets essentiels et accéder plus facilement aux marchés mondiaux.
Les négociations se déroulent notamment au sein d’organismes comme le 3GPP, l’ETSI ou l’Union internationale des télécommunications (UIT). Les premières orientations de la 6G ont commencé à être discutées en 2024, tandis que les travaux devraient s’intensifier à partir de 2027.
L’ambition française est donc de préparer dès maintenant les industriels à défendre leurs technologies lors de ces discussions internationales.
Faire monter les PME françaises en puissance
Au-delà de la recherche, le gouvernement souhaite aussi renforcer l’ensemble de la filière française des télécoms.
Les projets devront favoriser le partage de compétences entre les grands groupes déjà présents dans les instances de normalisation et les PME ou jeunes entreprises qui disposent de moins d’expérience sur ces sujets. L’objectif est de permettre à davantage d’acteurs français de participer directement aux futures négociations internationales.
Les candidats devront également respecter plusieurs critères, notamment les exigences environnementales européennes, dont le principe DNSH (« Do No Significant Harm »), qui impose de limiter les impacts environnementaux des projets financés.
Une stratégie également soutenue par l’Europe
Cette offensive s’inscrit dans une stratégie plus large menée au niveau européen. Les projets français pourront notamment s’appuyer sur des financements et des collaborations proposés par Smart Networks and Services Joint Undertaking ainsi que par le programme Horizon Europe.
Le parcours prévu comporte deux grandes étapes. Les équipes devront d’abord identifier les technologies les plus prometteuses lors d’une phase exploratoire appelée Study Item. Elles devront ensuite défendre concrètement leurs propositions lors des phases de normalisation, dites Work Item.
En préparant dès aujourd’hui ces travaux, la France espère renforcer son influence sur les futurs réseaux mobiles et offrir à ses entreprises une place de choix dans le développement de la 6G, dont les premiers déploiements commerciaux sont généralement attendus à l’horizon 2030.
