Bercy se dote d’une direction de l’IA pour accélérer la transformation numérique de l’État

Bercy se dote d’une direction de l’IA pour accélérer la transformation numérique de l’État

L’intelligence artificielle n’est plus un simple sujet d’expérimentation pour l’administration française : elle fait désormais son entrée dans l’organigramme de Bercy.

Bercy crée une direction dédiée à l’intelligence artificielle

L’essor rapide de l’intelligence artificielle pousse les administrations à revoir leur organisation et leur stratégie numérique. C’est dans ce contexte que le ministère de l’Économie crée la Direction de l’intelligence artificielle et du numérique (DIAN), une nouvelle entité appelée à piloter les projets liés à l’IA au sein des ministères économiques et financiers.

Au-delà d’un changement de nom ou d’une réorganisation administrative, cette création traduit une volonté politique claire : faire de l’intelligence artificielle un outil structurant de la modernisation de l’État. L’objectif affiché est de renforcer l’efficacité des services publics, d’améliorer les conditions de travail des agents et de mieux accompagner les usagers dans leurs démarches.

Le positionnement de la DIAN au sein de l’appareil d’État souligne également le caractère stratégique de ces technologies. La direction aura notamment pour mission d’encadrer les usages de l’IA, de favoriser leur déploiement à grande échelle et de définir un cadre cohérent pour l’ensemble des administrations concernées.

Une feuille de route pour généraliser les usages de l’IA

La création de la DIAN s’accompagne de la préparation d’une feuille de route dédiée à l’intelligence artificielle pour la période 2026-2027.

Parmi les priorités annoncées figure la démocratisation des outils d’IA auprès des agents publics. L’ambition est de permettre à chacun d’expérimenter ces technologies dans son activité quotidienne, avec un accompagnement adapté et des dispositifs de formation renforcés.

L’État souhaite également mutualiser davantage ses ressources numériques. Cette approche vise à partager les infrastructures, les capacités de calcul et les données entre administrations afin d’éviter la multiplication des solutions isolées.

L’interopérabilité et la souveraineté numérique apparaissent comme deux piliers majeurs de cette stratégie. Les outils retenus devront pouvoir fonctionner dans un cadre conforme aux exigences françaises et européennes en matière de sécurité, de protection des données et de transparence.

Des services publics enrichis par l’intelligence artificielle

La nouvelle direction ne se limite pas à des enjeux internes. Elle porte aussi l’ambition de développer une nouvelle génération de services publics augmentés par l’intelligence artificielle.

Des assistants numériques spécialisés pourraient notamment faciliter certaines démarches administratives ou améliorer l’accompagnement des citoyens dans des domaines comme la santé ou l’accès aux droits. L’objectif est de simplifier les parcours des usagers tout en réduisant la complexité administrative.

Cette transformation devra toutefois s’accompagner de garanties fortes concernant l’utilisation des données personnelles et la fiabilité des outils déployés.

Bercy entend également jouer un rôle moteur dans la structuration d’un marché de confiance autour de l’IA. À travers la commande publique, l’État souhaite encourager le développement de solutions transparentes, auditées et adaptées aux besoins des administrations.

La formation des agents au cœur de la stratégie

La réussite de cette transformation repose largement sur l’accompagnement des agents publics.

Face à l’arrivée rapide de nouveaux outils, l’administration prévoit d’investir dans la montée en compétences de ses équipes. L’enjeu est d’éviter l’émergence d’une fracture numérique interne et de permettre à chacun de tirer parti des nouvelles technologies, quel que soit son niveau de maîtrise initial.

Cette approche vise également à associer les agents à la conception des futurs usages de l’IA. Plutôt que de subir l’automatisation de certaines tâches, ils sont appelés à participer à la définition de nouveaux modes de travail et de nouveaux services.

Un modèle appelé à s’étendre à l’ensemble de l’État ?

Avec la création de la DIAN, Bercy se positionne comme l’un des ministères les plus avancés sur les questions d’intelligence artificielle au sein de l’administration française.

Cette initiative pourrait servir de référence à d’autres administrations confrontées aux mêmes défis de modernisation. Si les résultats sont au rendez-vous, le modèle pourrait être reproduit dans d’autres ministères afin d’accélérer l’intégration de l’IA dans l’ensemble de l’action publique.

Au-delà des gains de productivité attendus, l’enjeu est aussi stratégique : renforcer la souveraineté numérique française et définir un cadre de confiance pour l’usage de l’intelligence artificielle dans les services publics.