Une action collective déposée en Californie accuse Apple d’avoir continué à promouvoir sa fonctionnalité « Masquer mon email » alors qu’une faille aurait permis, dans certains cas, de retrouver l’adresse e-mail réelle des utilisateurs.
Une fonctionnalité conçue pour ne pas dévoiler sa véritable adresse e-mail
Disponible notamment avec iCloud+, « Masquer mon email » permet de générer des adresses e-mail aléatoires et uniques. Les messages envoyés à ces adresses sont ensuite transférés vers la boîte de réception personnelle de l’utilisateur, sans que celui-ci ait besoin de communiquer son adresse principale.
Le système peut notamment être utilisé lors de la création d’un compte sur un site ou une application. L’objectif est de limiter la diffusion de son adresse e-mail personnelle et de pouvoir désactiver facilement une adresse générée en cas de messages indésirables.
Cette fonctionnalité s’inscrit directement dans le positionnement d’Apple autour de la protection de la vie privée. Mais une vulnérabilité signalée en 2025 aurait sérieusement limité son efficacité.
Une faille aurait permis de retrouver l’adresse e-mail d’origine
Selon les éléments à l’origine de l’affaire, il aurait été possible, dans certaines circonstances, de faire le lien entre une adresse générée par « Masquer mon email » et l’adresse e-mail réelle de l’utilisateur.
Le problème aurait été signalé dès 2025 par un chercheur en sécurité. Plus d’un an après sa découverte, la vulnérabilité serait toutefois restée exploitable, malgré les démarches entreprises pour alerter Apple.
C’est précisément cette durée qui se retrouve aujourd’hui au centre des accusations. Il ne s’agit plus seulement de déterminer si une faille a existé, mais de savoir si Apple a continué à présenter et commercialiser son service comme une solution efficace de protection de l’adresse e-mail alors que l’entreprise connaissait ses limites.
Apple visé par une action collective en Californie
Une action collective a été engagée en Californie par Anthony Alvarez, un utilisateur d’iCloud+ résidant à San Diego. Celui-ci estime qu’Apple a vendu à ses clients une protection qui ne correspondait pas entièrement aux promesses formulées autour de « Masquer mon email ».
L’accusation vise notamment le rôle de cette fonctionnalité dans la commercialisation d’iCloud+. Le service fait partie des avantages proposés aux abonnés payants et participe donc à la valeur attribuée à l’offre par Apple.
Le recours pourrait concerner un nombre important d’utilisateurs américains. Il vise également à obtenir davantage de transparence sur les limites de la fonctionnalité tant qu’une correction complète du problème n’a pas été apportée.
Les promesses d’Apple en matière de confidentialité au cœur du dossier
L’affaire prend une dimension particulière en raison du positionnement historique d’Apple. Depuis plusieurs années, le groupe fait de la confidentialité un élément central de sa communication et un argument de différenciation face aux autres géants de la technologie.
La question posée par cette procédure dépasse donc le fonctionnement d’une seule fonctionnalité. Les plaignants cherchent à déterminer dans quelle mesure une entreprise peut mettre en avant un niveau élevé de protection des données lorsqu’elle a connaissance d’une vulnérabilité susceptible d’en réduire l’efficacité.
Apple avait déjà été confronté à des interrogations similaires concernant d’autres mécanismes destinés à limiter le suivi des utilisateurs. En 2023, une affaire avait notamment porté sur le fonctionnement du masquage des adresses MAC.
Le nouveau dossier pourrait désormais contribuer à préciser les obligations des entreprises technologiques lorsqu’une fonctionnalité de confidentialité devient un argument commercial. L’enjeu sera notamment de déterminer si la découverte d’une vulnérabilité impose d’informer rapidement les utilisateurs concernés, mais aussi de modifier la manière dont le service est présenté jusqu’à son éventuelle correction.
