Rakuten France fermera fin 2026, faute d’avoir trouvé un repreneur

Rakuten

La fin d’une époque se profile pour le e-commerce français. Rakuten France, héritier de PriceMinister, cessera son activité de marketplace d’ici à la fin de l’année 2026. Après plusieurs mois de recherche, l’entreprise n’est pas parvenue à trouver un repreneur répondant à ses exigences. Environ 180 salariés sont concernés par cette fermeture.

Une recherche de repreneur qui se termine sans accord

L’avenir de Rakuten France était incertain depuis plusieurs mois. En avril 2026, la filiale française du groupe japonais avait lancé un projet de cession de sa marketplace, avec une fermeture envisagée en l’absence de solution.

Plusieurs candidats se sont manifestés. Deux propositions fermes auraient notamment été déposées, l’une par un fonds d’investissement étranger et l’autre par Pixmania. Le fondateur de PriceMinister, Pierre Kosciusko-Morizet, avait également envisagé un retour aux commandes de l’entreprise. Aucun de ces projets n’a finalement permis d’aboutir à une reprise.

Pour sélectionner un éventuel acquéreur, la direction évaluait notamment la capacité des candidats à préserver les emplois, leur solidité financière et la pérennité de leur projet. Les propositions reçues n’ont pas été jugées suffisamment solides pour garantir l’avenir de l’activité.

Rakuten France va donc mettre en œuvre son projet de cessation d’activité. La fermeture de la marketplace doit intervenir d’ici à la fin de l’année 2026.

L’ex-PriceMinister en déclin depuis plusieurs années

Cette fermeture intervient après plusieurs années difficiles pour la plateforme. Créé en 2000, PriceMinister s’était imposé comme l’un des pionniers français de la vente en ligne, en mettant en relation particuliers et professionnels.

En 2010, le groupe japonais Rakuten rachète l’entreprise pour environ 200 millions d’euros. La marque PriceMinister disparaît progressivement au profit de Rakuten, changement définitivement acté en 2018.

Mais la marketplace française n’est jamais parvenue à retrouver la dynamique de ses meilleures années. Fin 2025, elle comptait encore 9,5 millions de visiteurs uniques mensuels, selon les chiffres de la Fevad précédemment rapportés par Siècle Digital. Son chiffre d’affaires tournait autour de 50 millions d’euros pour un volume de ventes de 370 millions d’euros, tandis que ses pertes opérationnelles étaient estimées entre 10 et 15 millions d’euros par an.

Environ 180 salariés concernés par la fermeture

La disparition de la marketplace concerne directement environ 180 salariés. Le projet de fermeture était préparé depuis le printemps parallèlement à la recherche d’un repreneur. L’échec des négociations ouvre désormais la voie à la mise en œuvre du plan de cessation d’activité.

La fermeture de Rakuten France ne signifie toutefois pas le retrait complet du groupe japonais du pays. D’autres activités du groupe, comme Rakuten TV, Rakuten Kobo, Rakuten Viber ou Rakuten Advertising, ne sont pas directement concernées par l’arrêt de la marketplace. Le centre technologique européen du groupe, installé à Paris, doit également poursuivre ses activités.

Pour les vendeurs professionnels et particuliers qui utilisent encore la plateforme, les prochains mois constitueront donc une période de transition avant l’arrêt définitif du service. Les modalités précises et le calendrier opérationnel de la fermeture devront notamment déterminer comment seront traités les commandes, comptes et services encore actifs.

Seize ans après le rachat de PriceMinister par Rakuten, cette fermeture marque la disparition de l’un des noms historiques du e-commerce français. Elle intervient dans un marché désormais dominé par des plateformes internationales disposant de moyens considérables, où les acteurs historiques doivent également composer avec la montée en puissance de nouveaux concurrents asiatiques.