Avec l’intégration du travail hybride dans les entreprises, il est devenu indispensable pour elles de repenser leur organisation, mais également leurs surfaces d’exposition aux cyberattaques. Entre connexions à distance, appareils personnels, comptes utilisateurs oubliés et infrastructures vieillissantes, les portes d’entrée dans les systèmes d’information pullulent.
Aujourd’hui, pour les directions des systèmes d’information (DSI), il est surtout question de sécuriser les usages sans compromettre la flexibilité des collaborateurs.
Accès distants : le top des points de vulnérabilité
Les frontières traditionnelles du réseau informatique ont explosé avec la généralisation du télétravail. Les connexions se font désormais depuis le domicile, les espaces de coworking, ou même en déplacement, via des équipements qui échappent au contrôle direct de l’entreprise. À chaque connexion supplémentaire, le risque augmente sans un encadrement adapté.
Certains facteurs de risque peuvent être aisément neutralisés. Les VPN doivent être à jour et parfaitement configurés. Les identifiants compromis et les comptes d’anciens collaborateurs toujours actifs sont à risque, tout comme les accès trop permissifs qui peuvent faciliter les intrusions. Dès qu’un assaillant est parvenu à accéder au système, il peut chercher à étendre ses privilèges, accéder aux données sensibles, mais également déployer un logiciel malveillant.
La menace ne plane pas que sur les autres, LeMagIT constatait début septembre que les mois de juillet et août 2026 avaient recensé plus de 1840 incidents liés à des logiciels malveillants ; du jamais vu depuis la mise en place de ce suivi en 2020. Une observation qui souligne la nécessité de prioriser la sécurité des DSI.
Reprendre le contrôle des identités et des équipements
Pour débuter, un inventaire régulier des différents comptes et droits d’accès est à établir. Les comptes inactifs doivent ensuite être désactivés et il faut vérifier que chaque utilisateur dispose des droits d’accès correspondant à ses besoins. Les accès prestataires sont à encadrer attentivement. Avec une telle démarche, les possibilités d’exploitation d’identifiants oubliés ou compromis sont drastiquement réduites.
L’authentification multifacteur ne doit pas être optionnelle, notamment pour les accès distants ou les comptes à droits élevés. Elle constitue une barrière supplémentaire si un mot de passe est subtilisé.
La gestion des terminaux fait pleinement partie des enjeux de sécurité désormais. Les DSI doivent favoriser des équipements professionnels, administrés par l’entreprise, assurant des mises à jour fréquentes, un chiffrement des données et des outils de détection des menaces.
VPN modernes et approche Zero Trust
La sécurisation des connexions passe par la modernisation des infrastructures des organisations. Le VPN entreprise intervient pour chiffrer les échanges entre les collaborateurs et les ressources informatiques. Il doit cependant être complété par une gestion rigoureuse des identités, des appareils autorisés et des droits d’accès.
L’approche zéro trust va encore plus loin : la défiance est totale, pour tous les utilisateurs et tous les terminaux. Chaque demande d’accès est contrôlée par différents critères, comme l’identité, l’état de sécurité de l’appareil et le niveau de sensibilité de la ressource mise en jeu. Le cloisonnement est l’une des clés pour limiter la propagation d’une intrusion.
Pour finir, la surveillance des connexions, la journalisation des événements et les tests réguliers des sauvegardes sont des détecteurs puissants d’apparition de comportements suspects et permettent de limiter les conséquences d’une éventuelle attaque.
Pour les DSI, la sécurisation du travail hybride, va plus loin que la protection du réseau de l’entreprise. Il est question de maîtriser les identités, les terminaux et les accès, depuis n’importe quel lieu de connexion.
